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31/01/2008

KETTY : notre SABINE....

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                                                  Ketty avant ses premiers troubles psychiatriques.

 

Notre Sabine à nous c’est Ketty !

 

Peut-être êtes vous allés ou allez-vous voir le film documentaire de Sandrine Bonnaire sur la vie de sa sœur autiste.

 

Le parcours de cette jeune fille semble avoir beaucoup de similitudes avec celui de Ketty.

Ketty n’est pas autiste mais sa pathologie bipolaire pendant une grande partie de sa vie ne lui permettait pas de vivre en dehors des murs de l’hôpital.

 

Cyclothymique disait-on, troubles de l’humeur, maniaque ou hypomaniaque

 

Quand je pense à la vie de Ketty ça me bouleverse. Parcours  difficile avec de si nombreuses hospitalisations en  psychiatrie, parfois des hospitalisations très longues, six mois ou plus !....

 

Que de souvenirs douloureux me viennent en mémoire, quand elle était hospitalisée je passais  la voir tous les jours une demie heure avant de prendre mes fonctions d’infirmière dans ce même établissement ou après ma journée de travail. Elle m’attendait, elle savait que je travaillais tout près, ma visite était très importante pour Ketty, j’étais son lien avec l’extérieur et sa famille.

Cependant selon son état  j’étais plus ou moins bien accueillie, parfois avec  énormément de véhémence parce qu’elle pensait que j’aurais pu venir plus vite, ou parce qu’elle était furieuse contre les soignants.

Il m’arrivait de la trouver maintenue à son lit avec des cuirs ou la camisole, Ketty était extrêmement difficile à prendre en charge,  souvent dans la provocation avec les soignants, refusant de prendre son traitement médicamenteux. Elle vivait très mal ses hospitalisations ne se considérant pas malade.

Plus le règlement était répressif plus elle réagissait violemment, elle n’acceptait pas la contention et les injections. C’était insupportable pour elle et pour moi de voir ma sœur ainsi, combien de fois me suis-je effondrée !.... Elle me suppliait d’intervenir auprès de l’équipe soignante pour la détacher ! Rarement j’obtenais gain de cause, la prescription des consignes du psychiatre devait être respectée et je me sentais impuissante,  j’essayais de la raisonner, de la calmer, lui faire comprendre que ses médicaments étaient nécessaires à sa guérison mais elle était dans l’irrationnel, souvent dans la toute puissance, insultant médecins et infirmières.

 

Ketty  était une patiente qui pouvait, à elle seule, déstabiliser tout un service lors de ses épisodes maniaques par ses comportements excessifs, son agitation et sa violence verbale. Il fallait autour d’elle un personnel  extrêmement compétent, ce qui ne fut pas toujours le cas.

Et pourtant elle était attachante, devenait parfois, quand ses accès maniaques la laissaient en paix, une patiente très agréable avec énormément d’humour. Certains soignants l’aimaient beaucoup et savaient adapter la démarche de soins la  moins douloureuse possible pour Ketty et sa famille.

On ne dira jamais assez à quel point il est difficile pour les proches d’avoir un des leurs, enfants, sœur, parents, hospitalisé en psychiatrie, la santé mentale reste quelque chose d’à part, la souffrance psychique et les troubles mentaux ont été longtemps stigmatisés, ça l’est beaucoup moins aujourd’hui.

 

Ketty a eu la  « malchance » de connaître la psychiatrie d’il y a  quarante ans et plus !

Maintenant  la folie est : la souffrance psychique, le malade n’est plus un fou mais une pathologie psychiatrique, l’hôpital n’est plus un asile mais un établissement de santé mentale.

Cependant, malgré tous ces progrès, et je le reconnais une considérable avancée dans la prise en charge du patient la souffrance reste la même et l’internement toujours un passage obligé menaçant et douloureux suspendu comme une épée de Damoclès au dessus de la tête de tous les patients qui ont connu les services psychiatriques avec des hospitalisations sans consentements et sous contrainte.

 

C’est la hantise de Ketty…. 

 

Tout comme Sandrine Bonnaire, nous espérons vraiment que notre sœur ne connaîtra plus jamais cela et que la démarche de soins en ambulatoire dont elle bénéficie actuellement  avec infirmiers, acteurs sociaux et famille pourra perdurer dans le temps ! Rien n’est moins sûr, ça demande une telle énergie pour tout le monde !......

 

 

 

Pénélope

 

 

22/01/2008

LA PETITE FILLE SAGE

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Que fait donc cette enfant penchée sur son ouvrage
Rêveuse, insouciante bien sage pour son âge.
Elle eut la chance de voir le jour dans un milieu aisé
 Loin d’elle l’idée d’un avenir incertain, tourmenté.
 En fiacre elle se promenait avec ses deux jeunes frères
 Domestiques et cocher veillaient sur leur bien être
Leur promenade quotidienne au calme parc Monceau
 Rythmait leur vie d’enfants émerveillés et beaux
 Ces trois joyeux bambins et leur jolie maman
Vivaient sans le savoir leurs plus  heureux  instants

 Privilège de l’enfance, bonheur sans faille souriant à la vie,

Doux moments divins exempts de tracas et soucis.

 

Ce sentiment rassurant d’attention vigilante

Protège les enfants ; bien heureuse ignorance !

 

 Ce diapason de liens familiaux innés et naturels

Promettait un avenir assuré serein et éternel.

 

La petite fille modèle ne savait pas encore

Que la disparition de son papa bouleverserait son sort.

 

 Sa très jolie maman plus épouse que mère

Follement amoureuse de ce jeune beau-père

 

Désemparé lui-même par cette triple paternité soudaine,

A fait le choix d’une vie sans enfant très mondaine.

 

 En pensionnat la petite fille ne voulût plus grandir

Chagrin, attente, discipline, pas envie de sourire.

 

 Oublié la jeune et tendre enfance si prometteuse,

La nouvelle vie chez « les sœurs » n’était pas si rieuse.

 

Ce manque d’amour maternel fut un rude combat,

Une quête infinie, douloureuse, jusqu’à trépas.

 

 

 La petite fille restera toute sa vie immature et enfant
Comblant obstinément ce manque à travers ses enfants.
Cette petite fille c’était GEORGIA

10/01/2008

SOIXANTE QUATRE ANS D'UNION !

 

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C’était le 10 janvier 1944 à 10H30 ils s’unissaient pour la vie  dans une toute petite église de campagne.

 

Maman ce jour là n’avait personne de sa famille à ses côtés, on lui reprochait cet amour d’un milieu rural, inacceptable pour un milieu bourgeois Rennais et Parisien, elle offensait les siens par cette union.

 

Ce jour aurait dû être un très beau jour, il le fût sans doute pour tous sauf pour maman qui, nous a-t-elle dit souvent, a beaucoup pleuré l’absence des siens, surtout de sa mère qu’elle aimait éperdument, mais aussi ses frères, sa sœur.

 

 

Ils s’aimaient follement ces deux jeunes époux, la vie les a malmenés, souvent, leur couple a résisté aux tempêtes, et il y en a eu !...Des bonheurs aussi bien évidemment, les plus grands sans doute, les naissances de leurs enfants.

 

 

Aujourd’hui maman n’est plus, 2007 nous l’a emmenée. Elle n’oubliait jamais son anniversaire de mariage.

 

 

Nous sommes avec toi petite mère par la pensée, je vais aller aujourd’hui te mettre des fleurs.

 

 

Ca ferait 64 ans aujourd’hui !

 

 

 

Ta grande.

                                                                        39a5a32ec8920fab9800fd34ed265399.jpgComme tu étais belle maman !

 

 

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